Paris-Match 8 septembre 2012

Eté 2011, au haras de Sivola (Allier) avec le pur-sang César de la Haulle de l’élevage de Gilles Trapenard. Pour fêter ses 45 ans de carrière, le chanteur entame en novembre une grande tournée. Et a conservé son franc-parler.

 

Un entretien avec Dany Jucaud – Paris Match

 

 

Paris Match. Vous m’avez dit un jour : “J’aime bien violer les spectateurs…”

Michel Sardou. Je retire ce mot “violer”. Les gens aiment ce qu’ils connaissent déjà. On a décidé de moderniser tous ces succès avec les sons dont on se sert aujourd’hui, mais sans les transformer. A part “Les Ricains”, que j’ai fait un peu country, peut-être que grâce à ça on va arrêter une fois pour toutes de me traiter de facho ! En France, les étiquettes vous collent au cul jusqu’au cimetière. En ce qui me concerne, d’ailleurs, ce n’est pas une étiquette, c’est un tatouage. Je crois même qu’après ma mort on en parlera encore. [Rires.]

 

Depuis quarante-cinq ans, vous enchaînez les tubes. Que faites-vous de votre argent ?

J’ai toujours vécu au-dessus de mes moyens, mon banquier est d’ailleurs beaucoup plus inquiet que moi pour mon avenir. Je suis co-entrepreneur de mon spectacle avec Gilbert Coullier. Je ne prends jamais d’avance, mais j’ai 80 % de la recette. Je ne me plains pas. Quant à payer 75 % d’impôts, je suis du même avis que Catherine Deneuve, je trouve ça un peu excessif. Ce n’est pas ça qui va sauver l’économie. Vous connaissez beaucoup d’artistes qui gagnent plus de 1 million d’euros par an ?

 

Vous dites souvent que ce métier est un métier de veaux, qu’il n’y a que des menteurs. Le pensez-vous vraiment ?

J’adore mon métier, mais je n’aime pas ce métier. Ce n’est pas tout à fait pareil.

 

Quel est le plus grand malentendu à votre sujet ?

Tout ! Je ne suis qu’un malentendu. On dit que je fais toujours la gueule, que j’ai l’air triste. Je ne suis pas triste, mais je déteste qu’on me prenne en photo car je ne m’aime pas. Je ne suis pas un menhir derrière un micro, j’adore rire, m’amuser, mais je suis un solitaire. Je suis commandant de bord, ce n’est pas un hasard. J’aime être aux commandes d’un avion comme j’aime être aux commandes de ma vie. Je veux simplement qu’on me fiche la paix. Au fond, je suis un homme moitié en smoking, moitié en pyjama ! J’ai beaucoup fait la fête dans ma vie, je n’étais pas DSK, mais je n’en étais pas loin. [Rires.] Aujourd’hui, je suis très casanier, je peux traîner chez moi en robe de chambre toute la journée. Avant de monter sur scène, je suis infernal, je me trouve vieux, je me dis que je n’ai plus de voix, qu’il n’y aura personne dans la salle. Anne-Marie a une patience d’ange avec moi car, quand deux heures plus tard le rideau s’ouvre, la magie de la scène opère et je deviens Spartacus ! Le jour où cette magie n’opérera plus, j’arrêterai tout.

 

Qu’est-ce qui vous révolte ?

L’injustice, la misère. Quand Coluche a créé les Restos du cœur, j’ai été un des premiers à le suivre, mais à l’époque je n’aurais jamais pu imaginer qu’il y aurait de plus en plus de monde.

 

Si François Hollande vous invite à l’Elysée, y allez-vous ?

Bien sûr. Pourquoi n’irais-je pas ? Bedos, pour qui j’ai une tendresse folle, a dit de moi : “Le problème de Sardou, c’est qu’il chante juste mais qu’il pense faux !”

 

Pour qui avez-vous voté ?

Ni pour l’un ni pour l’autre. J’ai voté blanc. Je suis en paix avec ma conscience. Si j’étais né à Longwy, fils de mineur, je serais communiste.

 

La vérité, c’est que vous êtes un vrai bourgeois !

J’assume. Je n’ai profité de la faiblesse de personne pour m’enrichir, je n’ai fait que mon métier. Un de mes amis, dont je tairai le nom et qui a un poste très important aujourd’hui, m’a raconté que, quand il était jeune, il était trotskiste et que ça ne l’avait jamais empêché de chanter mes chansons !

 

A propos, il vous fait toujours la tronche, Sarko ?

Je ne sais pas, car je n’ai plus eu de ses nouvelles. Cela dit, je culpabilise un peu, j’espère qu’il ne pense pas qu’il a perdu à cause de moi ! [Rires.]

 

Finalement, quel a été le fil rouge de votre vie ?

Ma carrière. Quarante-cinq ans de carrière, c’est long. Très long. Le plus dur, c’est de se faire connaître. Après il faut durer et, pour ça, il faut beaucoup d’imagination. Les acteurs ou les chanteurs qui font des procès aux magazines, ça me fait doucement rire, alors qu’ils se seraient vendus au début pour avoir leur tête sur un timbre-poste. Si cela ne leur plaît pas, il ne fallait pas choisir ce métier.

 

Quelle est votre plus grande réussite ?

Mon mariage avec Anne-Marie. Treize ans déjà ! Vous connaissez beaucoup de femmes qui vous réveillent en pleine nuit pour vous dire : “Je t’entends penser, qu’est-ce qui ne va pas ?” Anne-Marie est une femme magnifique, elle a un humour fou et une patience à toute épreuve. J’aime tout ce qu’elle est. J’aime ses rides, sa beauté, son allure. On a attendu trente-quatre ans pour se marier. Après nos premières amours, elle a toujours été en sourdine dans mon cœur et dans ma tête. J’ai toujours été amoureux d’elle.

 

Qu’est-ce que vous regrettez le plus dans votre existence ?

D’avoir été un mauvais père et un mauvais fils. Comme j’étais toujours sur la route, je n’ai pas vu grandir mes gosses, je ne les ai jamais accompagnés à l’école, je n’ai jamais signé leurs cahiers. J’essaie de me rattraper avec mes petits-enfants. Mais ce que je regrette, surtout, c’est de ne pas avoir eu de vraies conversations avec mon père. C’était un homme très réservé. Je suis sûr qu’il attendait que je vienne vers lui et je n’y suis pas allé. J’y pense tout le temps. Je suis un connard, je me dis que j’aurais pu faire le premier pas, lui demander un conseil, je ne l’ai jamais fait. L’amour était là, mais on ne se parlait pas. Quant à ma mère, elle ne se mêlait pas de ça.

 

Qu’est-ce qui vous angoisse ?

La déchéance, la maladie, l’idée de perdre la mémoire. On n’a pas choisi d’être sur cette terre, l’extrême liberté est d’avoir le droit de choisir comment on veut en partir, et de partir dignement. Je voudrais mourir debout.

 

Vous êtes aujourd’hui propriétaire de chevaux. Est-ce qu’ils vous excitent autant que les femmes en d’autres temps ?

[Rires.] Ne me demandez surtout pas de choisir ! Ma passion des chevaux ne date pas d’hier. Il y a vingt-cinq ans, avec Delon on avait des trotteurs et ça marchait même plutôt bien.

 

A propos de Delon, vous le voyez toujours ?

De temps en temps. Le jour de mon mariage, il m’a envoyé un mot : “Tu as eu raison de choisir Anne-Marie, j’aurais pu l’épouser moi-même !”

 

Revenons-en aux femmes…

Toutes mes chansons s’adressent à elles. Je les aime profondément. J’ai le cœur tendre, demandez à Anne-Marie. Je n’aurais jamais pu vivre sans une femme. Je n’ai eu qu’un seul amour dans ma jeunesse, Babette. Sinon il y avait, comme on dit, des allées et venues. Dans mes textes, je reconnais que j’ai tendu le bâton pour me faire battre, du coup j’ai eu quelques phrases malheureuses qu’on me fait encore payer. On me taxait de chanteur de droite dans un milieu où tout le monde était de gauche, j’ai joué là-dessus, il fallait bien que je fasse mon trou.

 

Votre prochaine tournée s’appelle “Les grands moments”. Racontez-moi un de vos derniers grands moments.

Louis, le fils de Gersende et Francis Perrin, qui sont des amis très chers, est autiste et a l’oreille absolue. A mon dernier spectacle à l’Olympia, il est venu me voir dans ma loge après le spectacle. Il m’a dit : “Tu chantes juste, Michel Sardou !” Je n’ai pas pu retenir mes larmes.

 

« En chantant », par Richard Melloul, éd. Flammarion, sortie le 3 octobre.

En tournée du 30 novembre à fin mars 2013. En concert les 12, 13, et 14 décembre à Bercy.Point final

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International Michel ….

Freedom of Connemara for French singing legend

Galway Advertiser, November 10, 2011.

Singer of international hit ‘Les Lacs du Connemara’ to receive key to Connemara

By Declan Varley

It is one of France’s most famous songs, has been included on many collections of top Gallic hits, sold millions of copies in the early 1980s and now it is to lead to the Freedom of Connemara for its singer.

Next week in Paris, legendary French singer Michel Sardou is to be honoured by Failte Ireland and by Connemara Chamber of Commerce for his 1981 hit Les Lacs du Connemara which brought the name of the region to a worldwide audience.

A group of tourism representatives from the Connemara region will pay homage to Michel Sardou at a media reception in Paris on November 15. The event will be held at the residence of the Irish Ambassador and organised by Failte Ireland in collaboration with Tourism Ireland in France.

The press event celebrates the 30th anniversary of the release of the song ‘Les Lacs du Connemara’ in 1981. Michel Sardou is a household name in France and the song is known by every French-speaking person young and old. The song has done much to strengthen the brand of the region in France and has assisted greatly in increasing the number of French holidaymakers in Connemara over the last 30 years.

Mr Sardou will receive a symbolic key from Brian Hughes, president of the Connemara Chamber of Commerce, giving him the Freedom of Connemara. Among the many entitlements this bestows are: free car parking, free Roundstone turf, free grazing rights for sheep on Clifden Commonage, free boat anchorage on Buttermilk Lake and free haircuts for himself and his grandchildren!

He was also presented with a gift of a holiday for himself and his wife in Connemara staying at Abbeyglen Castle Hotel and Cashel House Hotel and, since they are keen golfers, they will receive a crested sweater each from Connemara Golf Links.

Speaking today Ciara O’Mahony, Client Services Officer in Fáilte Ireland, Galway said they were delighted to organise this event in collaboration with Tourism Ireland in France and, given the popularity of Michel Sardou in France, are anticipating extensive media coverage.

“We are thankful to Mr Sardou for his role in giving Connemara a special place in the hearts and minds of French people and all of the additional tourism business which has come as a result’

Brian Hughes, President of the Connemara Chamber of Commerce said that the event will aid enorously in marketing Connemara overseas and will go some way in honouring an artists who has done so much for the profile of the region.

This event signals the start of a new marketing campaign for Connemara in the French market under Failte Ireland’s Sales Connect programme. Failte Ireland is collaborating with the industry on a series of marketing activities planned for 2012 which include an extensive on line marketing campaign.

 

So who is Connemara’s new Freeman?

Michel Sardou was born in Paris, the son of Fernand Sardou and Jackie Rollin (Jackie Sardou). Contrary to claims common towards the beginning of his career, he is not the grandson of the dramatist Victorien Sardou. However, he is the father of the French novelist Romain Sardou, and the actor Davy Sardou.

He is known not only for his love songs (« La Maladie d’Amour »), but also for songs dealing with various social and political issues, such as the rights of women in Islamic countries, clerical celibacy, colonialism and the death penalty. Another sometimes controversial theme found in some of his songs (« Les Ricains » and « Monsieur le Président de France » for example) is his respect and support for the culture and foreign policies of the United States. He has focused his full attention on his homeland, ignoring the prospect of an international audience, although his 1981 single « Les Lacs du Connemara » did manage to become a big international hit. A number of his hit songs were written in collaboration with Jacques Revaux, a few others (most notably « En Chantant ») with Italian singer Toto Cutugno.

Even in the 21st century, Michel Sardou remains quite popular in France, selling out 18 consecutive dates at Palais Omnisports de Paris-Bercy in 2001, while his 2004 album « Du plaisir » went straight to the no. 1 spot on the French album charts.

He has been married three times; first (1965–1977) to a dancer Françoise Pettré, the mother of his daughters Sandrine (b. 1970) and Cynthia (b. 1973); then (1977–1998) to Elizabeth « Babette » Haas, the mother of his sons Romain (b. 1974) who is a writer and Davy (b. 1978) who is a comedian; and lastly to a lifelong friend Anne-Marie Périer (the daughter of the actor François Périer) who was the editor of the French version of Elle magazine.

Michel Sardou is due to start touring again in France on November 30 and will be singing the famous song once again all over the country.

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Michel Sardou a reçu les clés… du Connemara !

Créé le 16/11/2011 à 08h03

Michel Sardou le 9 décembre 2006 à Poitiers 

Michel Sardou le 9 décembre 2006 à Poitiers / AFP

Un hymne, un vrai. Le chanteur Michel Sardou a reçu le 15 novembre les clés du Connemara, célèbre région irlandaise et thème de l’un de ses plus grands succès. Cette distinction honorifique lui a été décernée par l’ambassadeur d’Irlande en France, M. Paul Kavanagh, pour marquer le 30e anniversaire de la chanson emblématique « Les Lacs du Connemara ».

Ecouter  Laurent Marsick | 15/11/2011 – 19h30 :

écouter Le chanteur : « Pour moi, je ne croyais pas que ce serait un succès ! »

Premier extrait de l’album éponyme publié en 1981 par la maison de disques Tréma, la chanson a été composée par Michel Sardou et Pierre Delanoë, sur une musique de Jacques Revaux. L’enregistrement studio a été réalisé avec l’orchestre symphonique de Londres.

« L’Irlande veut rendre hommage à Michel Sardou »

« L’Irlande et les habitants du Connemara en particulier ont souhaité par cette cérémonie rendre hommage à l’oeuvre et à l’homme qui ont permis de resserrer les liens fort chaleureux qui réunissent les Français et les Irlandais », a précisé l’Ambassade d’Irlande.  « La chanson « Les Lacs du Connemara » continue d’inspirer et d’enchanter le public en France et ailleurs, et fait désormais partie du patrimoine franco-irlandais », ont ajouté les autorités irlandaises dans un communiqué.

« Terre brûlée au vent/des landes de pierre »

Sur un rythme très marqué et entêtant, Michel Sardou chante ainsi le Connemara, région naturelle et préservée, célèbre pour ses paysages uniques: « Terre brûlée au vent/des landes de pierre/autour des lacs/c’est pour les vivants/un peu d’enfer/le Connemara (…) On y vit encore/au temps de Gaels/et de Cromwell/au rythme des pluies/et du soleil au pas des chevaux ».

De retour sur scène à Paris-Bercy et en tournée à partir de novembre 2012, Michel Sardou, 64 ans, interprète lors de chaque récital depuis 30 ans « Les lacs du Connemara », chanson indémodable devenue un classique des fêtes communautaires.

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Article Nouvel Observateur

VIDEO. Michel Sardou va recevoir les clés du Connemara

Publié le 07-11-11 à 17:16    Modifié à 19:19     par Le Nouvel Observateur

Cette distinction intervient alors que sa chanson emblématique célèbre son 30e anniversaire.

Michel Sardou, à Rennes le 10/03/11, sur scène. (LE SAUX LIONEL/SIPA) Michel Sardou, à Rennes le 10/03/11, sur scène. (LE SAUX LIONEL/SIPA)

« Terre brûlée au vent des landes de pierre autour des lacs c’est pour les vivants un peu d’enfer le Connemara ». Le chanteur Michel Sardou recevra le 15 novembre les clés du Connemara. La célèbre région irlandaise est aussi le thème de l’un des plus grands succès de la chanson française (et du karaoké) : « Les Lacs du Connemara ».

Cette distinction honorifique sera remise au sexagénaire par l’ambassadeur d’Irlande en France, Paul Kavanagh, à l’occasion du 30e anniversaire de la chanson emblématique.

Un lien fort entre la France et l’Irlande

Premier extrait de l’album éponyme publié en 1981 par la maison de disques Tréma, la chanson a été composée par Michel Sardou et Pierre Delanoë, sur une musique de Jacques Revaux. L’enregistrement studio a été réalisé avec l’orchestre symphonique de Londres.

« L’Irlande, et les habitants du Connemara en particulier, ont souhaité par cette cérémonie rendre hommage à l’oeuvre et à l’homme qui ont permis de resserrer les liens fort chaleureux qui réunissent les Français et les Irlandais », a précisé l’Ambassade d’Irlande.

 

Quelques mois plus tôt, c’était au tour de Maxime Le Forestier. Le chanteur de « Né quelque part » avait été invité à San Francisco pour commémorer le 40e anniversaire de sa « maison bleue », « peuplée de cheveux longs, de grands lits et de musique ». Il a, pour l’occasion, passer un petit coup de peinture sur le vert clair de cette maison « accrochée à sa mémoire ».

La chanson française qui rapproche les peuples a encore de beaux jours devant elle.

Fanny Abouaf – Le Nouvel Observateur

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Article Ouest -France 8 novembre 2011

En Normandie, Michel Sardou s’adoucit

mardi 08 novembre 2011
  • Michel Sardou dans le parc de son manoir en Normandie, à quelques kilomètres de Deauville.

    Michel Sardou dans le parc de son manoir en Normandie, à quelques kilomètres de Deauville.

    Photo : David ADEMAS.

Depuis un peu plus d’un an, Michel Sardou vit en partie en Normandie, où il nousra reçus. Pour parler de lui, de ses chansons, de politique aussi. La star de 64 ans jette un  regard de sage sur ses provocations de jeunesse. Et revisite ses tubes, dont il prépare une compilation réarrangée au son d’aujourd’hui. Avant une nouvelle tournée de ses « grands moments ».

« Ah oui, je suis carrément Normand aujourd’hui. Si j’ai un appartement parisien, ici c’est ma résidence principale. » Ici, c’est très joli… Un petit manoir du XVIe siècle, dans un village bucolique près de Deauville, au milieu d’un parc où coule une rivière, avec des dépendances, dont un antique pressoir. « Patrick Modiano, un ami, m’a dit qu’il m’écrirait l’histoire du lieu. » Avec le style Modiano, cela pourrait donner un petit livre très prisé…Ce havre de paix, le chanteur l’a trouvé l’an dernier. Il se promenait par là, avec sa femme Anne-Marie Périer, ancienne rédactrice en chef du magazine Elle. Le couple passe devant la société immobilière qui avait vendu, des années auparavant, la maison du père d’Anne-Marie, l’acteur François Périer. « Ce manoir se situait à 150 mètres derrière la demeure où j’avais vécu », raconte-t-elle. Coup de coeur.

Après la Corse, après Megève, notre Sardou national devient Normand. Pas prêt de partir, dit-il, malgré ses fréquentes envies de déménagement : « Comme Aznavour. On a déménagé 27 fois chacun, je crois. J’ai même eu une maison à Miami, une connerie ! »

Le chanteur a connu plusieurs époques, dont une fin des années 1970 agitée, avec des manifestations anti-Sardou… Il avoue l’avoir bien cherché. Après tout, Le temps des colonies ou Je suis pour étaient particulièrement réac’… « J’ai été un chanteur engagé, mais il y a longtemps. Comme ça a marqué, ça me suit comme un tatouage. À l’époque, je faisais exprès de tendre le bâton pour me faire battre. Je n’ai pas toujours été un type super-clean. Il fallait me faire une personnalité. »

Vous en profitez pour lui demander s’il enlèverait quelque chose à sa carrière s’il en avait le pouvoir ? « Je ne referais pas Je suis pour. » Il re-précise qu’il n’y chante pas un texte en faveur de la peine de mort, mais plutôt sur la loi du talion. « Ces vieilles provocations, c’est fini. D’autant que je ne suis plus du tout pour. Je suis convaincu que la peine de mort n’est pas dissuasive. »

Il allume une nouvelle cigarette. Nous sommes dans une petite pièce du manoir, son bar, « pour deux personnes ». Avec deux fauteuils coincés entre une bibliothèque fournie et un plateau d’une bonne cinquantaine de bouteilles, dont une collection de whisky à saouler n’importe quel amateur.

« Mes succès, je n’y croyais pas ! »

On s’attendait à rencontrer un homme bougon, un peu renfrogné. On se retrouve à papoter avec quelqu’un qui aborde chaque sujet tranquillement, sans se défausser. « J’ai chanté des textes durs. Mais ce sont des personnages qu’on joue, des scénarios, des sketches. Je suis une autre personne. »

Une autre personne, prête à voter à gauche selon des propos récents ? Il sourit, s’amuse du mini-tapage médiatique qui a suivi cette déclaration. Et nuance : « J’ai surtout dit que je ne voterai plus les yeux fermés. Tenez, la primaire socialiste, je l’ai trouvée remarquable. Quant à la réplique UMP, elle m’a fait éteindre la télé J’ai perdu confiance en Sarkozy. Maintenant, j’écouterai tout le monde. » Et il raconte que, s’il a toujours penché à droite, c’est aussi parce que son père, devant sa télé, écoutait De Gaulle debout ! Si cette figure paternelle avait été mineur à Longwy, en bon fils, il aurait sûrement été « communiste »

Le 15 novembre, Michel Sardou recevra, à l’ambassade d’Irlande à Paris, la Clé du Connemara pour les trente ans d’une chanson qui a fait une promotion inespérée pour cette région. Et puisque les tubes naissent parfois d’un rien, celui-ci est inspiré d’un guide touristique sur l’Irlande, alors que lui imaginait une musique à base de cornemuses. « Savez-vous que mes grands succès, je ne voulais pas les sortir. Je n’y croyais pas ! »

Pour Les lacs du Connemara, il pensait que l’histoire d’un mariage irlandais sur sept minutes, ça n’intéresserait personne. Aujourd’hui, c’est l’une de ses préférées. Avec L’an 1000. Les bals populaires ? Elle ne lui plaisait pas. La maladie d’amour ? Écrite dans la douleur. « Nous avions la musique, mais aucun mot ne collait. Et on a trouvé ‘Elle court, elle court…’ »

Par contre, Le France, ça n’a pas traîné. En une nuit. « Mon parolier Pierre Delanoë m’avait laissé un mot : Je suis Le France, pas la France, démerde-toi » On connaît la suite. « Chanter Le France à Saint-Nazaire est l’un des grands moments de ma carrière. Un bonheur fou. J’ai cru que les spectateurs allaient partir à la nage chercher le paquebot… »

Michel TROADEC.
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Même 20mn s’y met !!!! Pour la photo aussi…

Michel Sardou convoqué à l’Elysée après avoir critiqué Nicolas Sarkozy

Créé le 20/10/2011 à 10h52 — Mis à jour le 20/10/2011 à 10h59

POLEMIQUE – Le chanteur de 64 ans a raconté au Parisien comment le président de la République a réagi quand il a confié au journal l’an dernier qu’il n’était plus convaincu par sa politique…

«Je ne défends pas Sarkozy. Non. J’y ai cru, mais je n’y crois plus. Quand on vous promet quatorze réformes et que l’on n’en fait pas une… Je suis déçu». En mai 2010, ces mots prononcés par Michel Sardou, alors accusé d’être un «chanteur de droite»,  étaient publiés dans Le Parisien. L’artiste venait publiquement de lâcher le président de la République, dont il paraissait pourtant proche pendant la campagne présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy semble s’être offusqué de ses propos.

«Mon Mimi, qu’est-ce que t’es allé dire?» 

Ce jeudi matin, le quotidien publie une nouvelle interview dans laquelle Michel Sardou revient sur cette «fâcherie» avec Nicolas Sarkozy. «A cause de vous, j’en ai pris plein la gueule! J’ai même été convoqué à l’Elysée un lundi de Pentecôte! J’ai mis mon costume, ma cravate, ma Légion d’honneur», raconte-t-il au Parisien.

Nicolas Sarkozy l’attendait dans les jardins de l’Elysée «en short et en chemisette avec un jus d’orange à la main». Le chanteur déclare que la première réaction du président de la République a été: «Mon Mimi, qu’est-ce que t’es allé dire?» Michel Sardou poursuit: «On s’est expliqués, je lui ai redit que j’attendais autre chose de lui, de sa politique. Je suis reparti et il me fait toujours la gueule. Il est très rancunier».  Une attitude qui pourrait pousser le chanteur à voter à gauche lors de la présidentielle de 2012? «Pourquoi pas?» a-t-il lancé au Parisien.

Anaëlle Grondin
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